A propos de la chalarose du frêne

Le frêne (Fraxinus excelsior) est aujourd'hui menacé par un champignon venu d'Asie, Hymenoscyphus fraxineus, qui provoque cette grave maladie, dont le nom provient de la forme asexuée du champignon : Chalara fraxinea (se prononce : kalara).

Arrivé en Pologne dans les années 90, il se propage à travers l'Europe et a été détecté pour la première fois dans le nord-est de la France (Haute-Saône) en 2008.

Les spores du champignon, véhiculées par le vent, infectent en été les feuilles de frêne. Le pathogène se dirige vers les pousses où se développent des nécroses de l'écorce typiques, de couleur brun-olive à orange, qui provoquent leur dépérissement. Ce dépérissement est souvent nommé chalarose du frêne (le terme chalarose est donc utilisé autant pour désigner le champignon responsable du dépérissement que le dépérissement lui-même).

L'infection peut gagner des branches de taille plus importante ainsi que le tronc de jeunes arbres, et causer des nécroses au collet. Ces attaques qui se répètent chaque année conduisent rapidement, au rythme des rameaux qui sèchent, au dépérissement complet des arbres. Les arbres matures dépérissent plus lentement, cependant des peuplements adultes entièrement morts en 10 ans sont fréquents. Les nécroses au collet offrent un espace favorable à des organismes pathogènes secondaires, tels les armillaires, qui accélèrent leur dépérissement.

Ces fortes mortalités représentent un risque sérieux de sécurité publique, ainsi qu'un facteur de risque important pour les professionnels de la forêt.

La gestion de ces forêts s'en trouve modifiée pour tenir compte de ce phénomène, notamment :

-          En exploitant prioritairement les frênes atteints à proximité des équipements d'accueil du public (cas du parcours de santé par exemple) et des routes ouvertes à la circulation publique.

-          En prélevant les frênes atteints lors des passages en coupe pour limiter les pertes économiques.

-          En préservant les autres essences forestières (en 2017, la part du frêne a atteint 80 % du volume exploité en forêt communale de Marckolsheim).

-          En favorisant les autres essences forestières lors des interventions dans les plantations et jeunes peuplements.

-          En conservant les rares frênes qui semblent indemnes pour essayer de garder une souche résistante à cette maladie

Dans le cas de la forêt communale de Marckolsheim, le frêne ne peut plus être considéré comme une essence objectif principale dans les peuplements ou il a été ou est prépondérant.

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