Musée Maginot / Casemate 35/3
La casemate 35/3, principal poste de défense de Marckolsheim a été durement touchée par l’offensive allemande de juin 1940 et porte les séquelles de ces combats. Aujourd’hui ce bunker abrite le musée-mémorial de la ligne Maginot du Rhin.
La ligne Maginot
Construite à partir de 1928, la ligne Maginot doit défendre les frontières françaises face à l’Allemagne et à l’Italie. Le long du Rhin, les fortifications sont plus petites qu’au nord de l’Alsace. Les blockhaus les plus importants sont appelés «casemates» et sont occupés par 25 soldats.
La ligne Maginot du Rhin s’articule en 4 lignes de défense parallèles. Chaque ligne est composée d’une série de bunkers plus ou moins grands se protégeant les uns les autres. La 1ère et la 3e ligne sont les plus importantes.

Carte de l’état major du 30/08/1939 (en commun avec la casemate 34/3.)
De la drôle de guerre à l’opération « Kleiner Bär »
Le 1er septembre 1939 Hitler envahit la Pologne et le 3 septembre 1939 la France déclare la guerre à l’Allemagne. C’est le 1er Bataillon du 42e RIF (Régiment d’Infanterie de Forteresse) qui défend Marckolsheim. Les soldats, majoritairement alsaciens, sont spécialement formés aux combats dans les fortifications. Pendant huit mois, les affrontements entre Français et Allemands sont très rares, ce qui vaut à cette période le nom de « drôle de guerre ». Celle-ci s’achève le 10 mai 1940, début de la Bataille de France. Menant une efficace guerre éclair, la Wehrmacht entre dans Paris le 14 juin.
Du 11 au 14 juin 1940 des unités françaises d’artillerie et d’infanterie quittent les bords du Rhin pour prêter main-forte aux troupes débordées par l’avancée allemande en Champagne. Les défenseurs du Rhin se retrouvent en nette infériorité face à la Wehrmacht.
Pressentie par les Français depuis quelques jours, l’offensive allemande sur le Rhin a lieu le 15 juin 1940, à 9h du matin, heure française. C’est l’opération Kleiner Bär (« petit ours »). Un intense bombardement débute alors ; il vise les postes de commandement, les observatoires installés dans les clochers et bien sûr les blockhaus. Contre ceux-ci, l’armée allemande utilise de puissants canons antiaériens (88 Flak) tirant à vue directe avec des obus perforants ; ces tirs sont redoutables et détruisent les blocs de béton en quelques minutes. A 9h30 de nombreux blockhaus ne donnent plus signe de vie. Peu après 9h, la Wehrmacht commence à traverser le Rhin à bord de petits et rapides bateaux d’assaut (Sturmboot). Les premiers soldats allemands atteignent la digue des hautes eaux vers midi, après avoir difficilement franchi la forêt dense et marécageuse.
La résistance de la casemate 35/3
Le 16 juin les casemates de la ligne principale de défense (3e ligne) essuient les tirs de l’artillerie et les bombardements de la Luftwaffe (avions Stukas). La casemate 35/3, aux ordres du lieutenant Marois est frappée par quatre obus : trois se fichent dans l’acier sans le traverser, et un ricoche. A 8h30, une grosse bombe est larguée par un Stuka devant le talus Est de la casemate. L’explosion déchausse l’ouvrage de 3 000 tonnes et creuse un trou de 6 mètres de profondeur sur 20 mètres de diamètre. L’ouvrage recouvert de terre, plongé dans le noir et enfumé, est abordé par les fantassins allemands qui glissent des grenades dans les interstices du béton. Le caporal-chef Louis Gardet est tué. A 14h30 les 24 soldats sortent de la casemate et sont fait prisonniers.
Pendant ce temps, la casemate 34/3 résiste encore. Les Allemands donnent l’ordre aux prisonniers de monter sur la tourelle pour faire signe aux combattants français de se rendre. Malgré les signes de leurs frères d’armes, les soldats de la casemate 34/3 continuent de tirer et abattent d’un tir en pleine tête le combattant allemand qui se tient sur la tourelle avec les prisonniers français.
La résistance de la casemate lui vaudra la visite d’Adolf Hitler en personne, quelques jours plus tard. La casemate reçut alors le nom de « Führerbunker ».

Les tombes françaises devant la casemate 35/3
Témoignage
« Lorsque les bombes des Stukas explosèrent à proximité de l’ouvrage, la petite forteresse fut soulevée commune une balle avant de rebondir sur le sol. L’ouvrage était déjà hors de combat par le violent tir des mortiers et des canons antichars. Toute résistance devenait inutile. La porte blindée céda et mitraillette au poing nos attaquants nous attendaient. Pour nous l’inégal et effroyable combat avait cessé. »
M. Paul Schuster, défenseur de la casemate 35/3 témoignant dans les DNA du samedi 12 juin 1965.
Sources :
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Commune de Marckolsheim (2006). Marckolsheim, un siècle d’histoire. Collection Mémoire de vies.
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Knittel Michel (1994). Marckolsheim fragments d’histoire. Société d’histoire de la Hardt et du Ried.
Retrouvez ici toutes les informations pratiques sur le musée : Musée Mémorial de la Ligne Maginot du Rhin | Marckolsheim