La Siedlung

La Siedlung, cité provisoire construite par l’occupant, accueillit les Marckolsheimois de 1940 jusqu’à la reconstruction complète de la ville. Actuellement, seuls deux bâtiments de cette cité subsistent, dont un est inscrit monument historique.

La destruction de Marckolsheim

Début septembre 1939, les habitants de Marckolsheim sont déplacés au Bugue.

Les combats éclatent le 15 juin 1940. Marckolsheim, situé sur la route menant la Wehrmacht vers Colmar, subit un bombardement intensif d’une vingtaine de minutes qui entraîne la destruction de 60% de la ville. Le 17 juin, les soldats allemands viennent à bout du 42e RIF (Régiment d’infanterie de forteresse) qui protégeait Marckolsheim.

L’Armistice signé le 22 juin 1940, des mesures sont prises pour le retour des populations civiles évacuées. Le 6 août 1940, le premier train de réfugiés, encadrés dès Dijon par le Elsässer Hilfsdienst (service d’aide), arrive à la gare de Strasbourg. Alors que les habitants de Marckolsheim retrouvent leur ville dans un état de désolation, ils sont installés pour la plupart dans une cité provisoire construite par le Reicharbeitsdienst (service du travail obligatoire), la Siedlung

Rue Principale coté Nord-Sud

Rue Principale coté Nord-Sud.

La Siedlung, principal lieu de vie pendant la guerre

Cette cité fut composée de 60 solides constructions en bois massif, peintes en rouge sombre, reposant sur de bonnes fondations. Elle abrite, outre les habitations, la mairie, l’école, le restaurant, le coiffeur, etc. A l’entrée de la Siedlung, les Allemands ont installé un plan panorama pour permettre aux habitants de se retrouver facilement.

Elle constitue, jusqu’à la reconstruction totale de la ville après-guerre, le principal lieu de vie de la population. En effet, le Reich établit des plans de reconstruction de Marckolsheim mais la ville ne sera totalement reconstruite qu’après la Libération. La reconstruction de Marckolsheim est alors organisée par M. Wolff, architecte en chef du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme. Inspiré des plans allemands, il réaménage la rue principale et de nombreuses maisons y sont bâties. Mais c’est un long processus et certaines familles habitaient encore dans les baraquements de la Siedlung vingt ans après la fin de la guerre.

Gastube zum Babalöffel

La Gaststube zum Babalöffel..

Témoignages 

« Quand nous sommes revenus, notre ferme avait brûlé. Fallait aller dans les baraquements, près de l’Ischert, là-bas dehors, où il y a l’étang de pêche maintenant. Vous vous rendez compte, nous sommes partis en 1939 ; en 1940, quand nous sommes revenus, les Allemands avaient déjà construit, pour ainsi dire, un deuxième Marckolsheim » 

Une habitante de la Cité Paysanne. 

« Après-Guerre, nous avons enseigné, avec 3 collègues, dans une des baraques de la Siedlung, et ce pendant 7 ans. Nous ne pouvions être exigeants au regard des difficultés des personnes pour se loger. L’effort a été mis sur les habitations, ce qui était normal. Déjà pendant la guerre, l’école de garçon était en ruines et difficilement reconstructible, l’enseignement des garçons se faisait dans un baraquement de la Siedlung. »

Un ancien instituteur.

Anecdote 

Les Marckolsheimois étaient parfois surnommés les « Babbeloeffel » (parfois écrit «Babalöffel»), ce qui signifie littéralement « cuillère à bouillie ». Il semble que le surnom de Babbeloeffel fasse référence à la lenteur et à la nonchalance des Marckolsheimois ; il semblerait qu’ils soient trop lents pour saisir leur chance ! Le restaurant de la Siedlung avait été baptisé « Babalöffel » par les Allemands.

Sources : 

  • Commune de Marckolsheim (2006). Marckolsheim, un siècle d’histoire. Collection Mémoire de vies.

  • Knittel Michel (1994). Marckolsheim fragments d’histoire. Société d’histoire de la Hardt et du Ried.